La poésie de janvier 2021

Bisous

C’est le baiser mutin, voletant papillon
Qui se pose léger et qui déjà oublie
La douceur de la peau, le pâle vermillon
De deux lèvres si proches et qui vous font envie.

La bouche en cul de poule, petit bruit de succion,
C’est le « bisou-bisou » où les regards s’évitent.
Seules les joues se touchent, n’ayez pas d’illusions,
Coup d’œil aux alentours, on se sépare vite.

C’est l’espoir timide d’un plus profond baiser
Qui s’attarde un peu pour marquer le désir
Et les sens en éveil se plaisent à oser
Qu’il n’est que le prélude à bien d’autres plaisirs.

Préface à quelques mots qui ne veulent rien dire,
Rite traditionnel entre gens de bon ton,
Un air « mine de rien » qui peut cacher le pire
Et personne n’est dupe de cette convention.

C’est le contact distrait, mi-figue-mi-raisin,
Moitié affectionné, moitié indifférence,
Bon pour la parenté, tantines et cousins
Ou amis d’occasion imbus de préférence.

C’est le petit câlin que l’on fait à l’éveil,
Le « merci » pour la nuit de deux corps enlacés
Qui se souviennent encore de cette joie sans pareille
D’un seul cœur qui bat en ces temps menacés.

Louis Monnet

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