La poésie de Mai 2022

Écologie

Avec son rude accès par des sentiers d’enfer
Là-haut c’est la forêt mystérieuse et profonde.
Elle était déjà là au tout début du monde,
Domaine des grands arbres, feuillus et conifères.

Épicéas, mélèzes, sapins et pins Sylvestre,
A l’étage, au mitan, les sorbiers et sureaux,
L’argousier épineux et le saule Marsault
Sous les chênes touffus et l’érable champêtre.

Au ras, les framboisiers et le lierre qui traine,
Pervenches et benoites, parfois quelques muguets.
La bauge du sanglier et celle de sa laie,
Les houx, les noisetiers, les buis et les troènes.

Amanites, russules et encore davantage,
La fouine et le renard, la taupe et le blaireau,
Choucas, buses variables et de noirs corbeaux,
Avec des frelons et des abeilles sauvages.

Dans ce réduit sylvestre, perdu, inaccessible,
Un homme est venu, l’œil inquisiteur,
Et parmi ces géants faire œuvre de prédateur
Forfait impardonnable qu’on croyait impossible,

Sans la moindre vergogne et en délit flagrant.
Là, depuis Jean le Bon, bien malheureux captif,
Trente mètres de haut, le tronc droit et massif,
Il a pris le plus beau, il a pris le plus grand.

Fi de poutres et solives ou meubles abondants,
Ébranché, écorcé, tronçonné, étêté,
En mille et un morceaux, refendu, débité,
Cet homme insensé ne voulait qu’un cure-dents.

Louis MONNET

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